Struggle for life Marie 1 /Cancer 0

Bonjour Marie,
Nous avons été touchées que tu aies accepté de porter la nuisette pour neoSensuelle et nous aimerions que nos lecteurs et lectrices te découvrent un peu plus.

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Peux-tu te présenter en quelques mots?

Bonjour Corinne, c’est moi qui te remercie.

J’ai 39 ans deux beaux garçons de 16 et 11 ans que j’élève seule depuis 2 ans. Je suis adjoint administratif dans une collectivité territoriale depuis maintenant 15 ans et ce que j’aime dans la vie… La vie, ma famille, mes amis et la peinture, le dessin, fabriquer des bijoux fantaisie, la mosaïque… L’art en général et le sport depuis quelques mois.

Peux-tu nous raconter comment s’est passé la découverte de ton cancer? 

J’ai découvert  une petite boule dans mon sein  gauche en prenant ma douche  un matin de décembre 2015.  Je ne me suis pas trop inquiétée au départ mais j’ai quand même pris rdv chez mon médecin  qui m’a envoyé passer une mammographie ainsi qu’une échographie et là  1er verdict, tout va bien ce rien revenez dans un an pour un contrôle. Environ 1 mois plus tard la petite boule de 2cm en faisait  8 et prenait tout le bas de mon sein et une 2ème avait fait son apparition. Je vais donc chez une autre gynécologue sur les conseils d’une amie, qui elle n’a pas l’air rassuré et demande une biopsie… 15 jours plus tard les résultats tombent.  J’ai bien un cancer! ……….. On me l’annonce de la même manière que si c’était une simple  grippe. Il y a des médecins qui ne sont pas très diplomates, heureusement pas tous.

Peux-tu nous dire ce qui a été le plus difficile à ce moment-là?

A partir de cet instant tout se bouscule dans ma tête, comment le dire à mes enfants, ma famille, mes amis? C’est presque plus difficile de l’annoncer à ses proches que de l’entendre soi même… Et toutes les questions arrivent en masse :  Vais-je mourir ? Perdre mes cheveux, mon sein… ? Mais le mode guerrière s’est enclenché le jour même de l’annonce, il va falloir surmonter cette épreuve,  pas le choix ce crabe ne m’aura pas !

Peux-tu nous expliquer pourquoi tu as décidé de participer au Pink Ribbon Award?

J’ai voulu participer au concours pour me prouver et montrer aux autres femmes touchées par un cancer du sein, que l’on peut rester féminine même avec un sein en moins, malgré les traitements, la fatigue…  Avec Marie nous nous sommes rencontrées grâce à des amis en commun, je lui ai parlé du concours, de mon envie d’y participer, de mes motivations.  Marie est une femme attentive dynamique,  pleine de vie, elle a accepté de suite et a été moteur dans cette aventure.
J’avoue que ça n’a pas été simple pour moi au départ, non pas de montrer mon corps «différent » mais d’être à l’aise devant l’objectif car je ne suis pas mannequin et ce n’est pas évident. Marie a su me mettre en confiance avec l’aide d’un ami, nous avons passé un bon moment et bien ri.
Bizarrement, je pense que je n’aurai pas pu le faire « avant » car j’avais un problème avec mon corps et le regard des autres. Ce n’est plus le cas maintenant.

Aujourd’hui nous avons eu de nombreuses réactions concernant tes tatouages, peux-tu nous dire ce qu’ils représentent pour toi?

Mes tatouages sont toujours un sujet de discussion ! On aime ou on déteste mais peu importe, ils font partis de moi. Celui qui a été le plus important pour moi est le 1er fait  après les chimiothérapies (car interdit de se faire tatouer pendant cette période), un escarpin qui écrase un crabe avec le talon. Toute une symbolique pour moi. Un combat de gagné et un pied de nez à ce fichu crabe  qui a bouleversé ma vie ! Je suis comme ça.

Une épreuve ou un événement marquant ma vie= un tatouage.

Le petit dernier se trouve sur le décolleté, je l’ai fait faire pour ne plus voir le point de tatouage qui avait été fait pour les séances de radiothérapie. Il est vrai que personne ni prêtait attention, mais moi oui  et maintenant on ne le voit plus !  Je pense que mes tatouages m’ont aidé à m’accepter.

Photo sélectionnée au Concours Pink Ribbon Award 2016 /
Photographe Marie Laure WetzlerMarie Pink Ribbon

Que voudrais-tu dire aux femmes qui traversent cette épreuve?

Je voudrais dire aux femmes  qui vivent cette épreuve de croire en elles. Enclenchez le mode guerrière car c’est un combat long et difficile, mais étonnamment on en sort plus forte.  J’ai eu la chance d’être entourée par ma famille et mes amis tout au long de ce parcours du combattant. Mes enfants ont été formidables également en m’acceptant sans perruque car je ne voulais pas en porter. Ils m’ont soutenu dans chaque épreuve et décision que j’ai prisent, comme de participer au concours Pink.
J’ai aussi la chance d’avoir été et d’être toujours suivi à l’Institut Curie où l’équipe médicale est au top. Que ce soit les médecins, les infirmières, les aides-soignantes, l’assistante sociale et j’en oublie certainement, ils ont toujours un mot, un geste pour les patients quand on en a besoin. Il se créé un lien de confiance tout au long de ce parcours qui est important. Je conseillerai également de toujours prendre soin de soi pendant les traitements car on peut rester belle et féminine même chauve avec un seul sein. Ce qui m’a le plus dérangé, c’est la perte de mes sourcils, j’avais l’impression de ressembler à Gollum ! Heureusement,  il  existe des artifices pour y remédier.
Concernant mon travail, je l’ai repris en avril de cette année et le retour a été compliqué.  Je pense que les employeurs ne savent pas comment se comporter avec nous et sont maladroits.

Veux-tu parler de quelque chose en particulier?

Aujourd’hui, je croque la vie à pleine dents ! Cette épreuve m’a rendu plus forte, du moins je le pense. Le regard des autres me fait moins peur,  j’essaie de fuir les choses et personnes toxiques  au maximum. Je mange plus sainement et écoute mon corps, chose que j’ai eu du mal à faire après les chimiothérapies. J’avais envie de sortir et voir mes amis tout le temps mais la fatigue et les douleurs nous rappellent à l’ordre. Donc maintenant quand je suis fatiguée, je m’écoute et ne force plus. J’ai enfin compris que se reposer et  dormir n’était pas une perte de temps. J’ai aussi le projet de changer de métier et ferai mon maximum pour y arriver.

Peux-tu nous dire pourquoi tu as accepté de participer au shooting photo de la nuisette neosensuelle qui te va très bien d’ailleurs?

J’ai accepté de faire ce shooting car c’est de la superbe lingerie pensée, créée et faite par une belle personne. Je trouve ça top de penser aux femmes qui ont subi une mastectomie en leur rendant leur féminité grâce à de beaux sous-vêtements qui sont de plus accessibles. Merci et bravo à toi, à neoSensuelle de rendre les femmes encore plus belles qu’elles ne le sont !

Je te remercie du partage et nous aimerions te souhaiter le meilleur pour ta vie et tes projets de changements d’orientation professionnelle. Est-ce que les lectrices et les lecteurs peuvent te contacter?

C’est moi qui te remercie et je me tiens bien évidemment à disposition pour toutes questions ou simplement échanger avec celles et ceux qui le souhaite. Contacter Mary

#résilience #uneepreuveuntatouage

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Lettre à Simone

Chère Madame,
En cette journée si particulière je voulais vous rendre hommage.
Votre histoire est un exemple pour nous tous et pas uniquement pour avoir défendu et fait accepter la loi sur la  légalisation de l’ IVG.
Vos revendications pour être respectée en tant que femme à par entière, ont ouvert la voie de réflexion de notre société pour que les femmes ne soient plus contraintes de s’adapter à un modèle masculin.
Créatrice indépendante pour les femmes, je puise ma force dans votre regard. Votre détermination,  votre ténacité, votre volonté de faire évoluer la condition des femmes, en a fait de vous l’une des pionnières de ce combat.
Avec votre douceur, vous avez su affronter ce monde politique très masculin en toute dignité et avec conviction que vous étiez sur la bonne voie, le chemin le plus juste.
J’admire votre sérénité palpable, votre force naturelle et votre volonté inébranlable.
Alors voilà, lorsque je flanche,  je doute, je désespère,  je vous regarde et cette force transpire de votre regard.  Je me dis,  quelle est ma situation comparativement à ce que vous avez vécu et à quoi vous avez survécu?
Vous avez raison, nous ne sommes pas toutes pareilles, nous n’avons pas toutes la même force, mais nous nous devons d’essayer, nous nous devons d’avancer. Nous nous devons de trouver toujours de meilleures solutions pour que chacun et chacune trouvent une place. Trouve sa place. Et qu’elle soit respectée.  Je sais que le chemin est long et que le chantier est vaste mais vous faites partie de ces femmes qui sont nos fers de lance.
Je vous écris au présent parce que dans notre cœur vous resterez toujours présente. Vous resterez notre modèle pour avancer.
Bravo à tout ce que vous avez pu faire. Tout ce que vous avez pu donner pour le respect des femmes et des hommes. Je pense à votre famille vos enfants vos petits-enfants et vos arrières petits-enfants. C’est un bel héritage de résilience, un modèle pour chacun de nous tous.
Alors bon vent pour la suite de votre voyage.
Merci
Merci d’être aussi présente dans nos vies.
Le Panthéon serait digne de vous recevoir mais,  vous belle Simone, qu’auriez vous aimez?
Mes références :
« Simone Veil la force de la Conviction » de Jocelyne Sauvard 2012

Du Rose dans la vie des Hommes

Dans le post [Et les Homme dans tout ça ?] je vous parlais des hommes et de leur place vis-à-vis  des femmes et du cancer du sein.  Certains sont très discrets  et d’autres choisissent de s’investir et d’être solidaires actifs. L’écoute, lorsque les personnes rencontre la maladie est essentielle, vitale et il est illusoire de penser que l’on peut s’en sortir seule. Le corps médical a ses limites, et c’est la famille, ou les amis ou les associations qui prennent la suite et les accompagnent.

J’ai rencontré José Pierre sur un Salon pour les femmes l’année dernière et j’ai été séduite par son énergie, sa volonté d’agir sans colère mais avec détermination. Agir pour aider les femmes est devenu son leitmotiv. Il reconnait ses compétences et se sert de son réseau pour organiser des événements pour que les femmes puissent se retrouver, discuter, partager. Etre présents lors d’une marche, au cinéma, sur salon bien-être, une soirée dansante, … José Pierre n’est jamais en panne d’idées qui s’enrichissent au fur et à mesure de ses rencontres.  Il se démène pour trouver un lieu d’accueil chaleureux et je vous propose un ITW pour le découvrir un peu plus et connaitre l’origine de l’association « Plus Rose la Vie, Rebondir après un cancer »

Bonsoir José Pierre, peux-tu nous dire qui tu es?

« En qualité d’aidant, j’accompagne mon épouse dans son combat contre ce crabe. Au fond de moi je me sentais redevable, toutes les femmes non pas la même chance que Christine de gagner le combat, alors il me semble logique de mettre tout en œuvre pour aider les femmes à rebondir après le traitement. Car c’est une fois les soins terminés que la porte du désert s’ouvre. Et ensemble nous pouvons agir, apporter des conseils, des idées, répondre aux questions et mettre en place ce que j’appelle le Carpe Diem« 

 Qu’est ce qui t’as décidé à sauter de l’idée à l’action ?

« Le manque d’informations de la part du corps médical après le jour de la dernière séance de radiothérapie. Mais aussi l’obligation en moi d’agir pour que d’autres femmes puissent rebondir après la maladie. Je veux aider un maximum de femmes à gagner le combat de l’après traitement. Donner à ces ex patientes l’envie de rebondir, profiter de la vie car la vie est belle…« 

Qu’est ce que cela à changer dans ta vie ?

« L’envie d’être utile, oui être utile, et me dire que d’autres femmes profiterons à 100% de la vie. Le cancer de Christine pour moi est une simple maladie comme un rhume, il faut le soigner et continuer à vivre, avec une autre vision, d’autres objectifs, mais vivre. Nous sommes tous des locataires sur cette terre, alors profitons du moment présent. Jean Paul Belmondo a dit ces belles paroles aux Césars « Sois courageux » et « AMUSE TOI »‘

Qu’est ce que tu te dis tous les matins ?

« La vie est belle je veux que l’on en profite au maximum »

Qu’est que tu voudrais dire aux médecins et aux acteurs médicaux qui accompagnent les femmes touchées par le cancer du sein?

« Tellement de choses. Merci pour ce que vous faites mais aussi attention au vocabulaire que vous utilisez pour expliquer à vos patientes la situation. Comment croire qu’au bout de 7 ans d’étude on oublie les mots de la belle langue de Molière pour utiliser des termes latins sans aucun sens pour les patientes. Attention aussi de prendre le temps et de ne pas travailler avec cette méthode inhumaine qu’est la T2A. Tarification A l’Acte, plus le médecin fait de chiffre d’affaire mieux il sera noté et plus il aura de matériel pour son service qui comme une entreprise dégagera du bénéfice, et oui c’est comme cela que cela fonctionne. Enfin n’abusez pas des retours à domicile trop rapide.  Là encore une mesure qui cache la réalité. En effet si un patient vient à décéder chez lui il ne sera pas comptabilisé dans les chiffres de l’hôpital. Ok le nombre de décès dans un hôpital suite à une maladie nosocomiale est supérieur au nombre de décès de la route »

Qu’est ce qui t’agaces?

« La langue de bois des politiques qui encore une fois promettent, mais au final rien.  Quand la presse est présente, là ils répondent présent, et après??? Ah j’oubliais le manque de moyens pour que les associations puissent vraiment œuvrer, la encore une histoire de sous, et enfin pourquoi ne pas prendre exemple sur le Canada avec son plan de sensibilisation contre le cancer? »

 Qu’est ce que tu admires chez les femmes ?

« Tellement de choses. Pour avoir travaillé avec des leaders femmes, le sens du réalisme, la force mise en avant pour gagner, le côté humain sur-développé, la facilité à comprendre, à analyser et à agir. Le savoir vivre et l’amour de la vie… »

Que voudrais-tu leur dire?                                         JP

« CARPE DIEM » « entre l’esthétique et la vie,moi je choisie la vie!« 

 

Merci José Pierre pour ce partage et aussi pour ton engagement.J’embarque avec toi!*

Expression Canadienne, « Je suis d’accord avec toi »

#Carpe diem #Resilience #lifeisbeautiful

 

Mais Ou Est Donc… ma féminité ?

Ma Féminité, Ma conjonction de coordination

« quelle utilité  à mon  âge maintenant ?! » « Je n’ai jamais ressenti le moindre manque du côté de ma féminité« ,

Je me souviens des paroles de Maria dans le post « Entre Mère et Fille« . Depuis mes fonctions cognitives sont en alerte,  ça chauffe du côté des neurones du système limbique, ça s’agite du côté de la curiosité. Des questions sur la féminité en 4D!

Alors, mais où est donc ma féminité après une opération suite à un cancer du sein? avec ou sans mastectomie, il n’y a pas de différence dans les ressentis. Depuis 12 ans j’ai rencontré de nombreuses femmes affectées par un cancer du sein. Celles qui ont subit ou non une mastectomie, celles qui ont fait le choix de recouvrir leurs cicatrices de tatouages ou de se tatouer un signe pour ne pas oublier. Celles qui ressentent le besoin d’exhiber ce que leur super chirurgien a fait, une prouesse esthétique et celles qui sont insatisfaites du déséquilibre entre les 2 seins.  Mais comment oublier?  Comment intégrer cette nouvelle donnée sans souffrir tous les matins lorsque l’on s’habille?  Toutes ces belles rencontres, riches en émotions, en image positive de résilience, en fierté,  m’ont montré que chacune de ces réactions dépendent de l’idée de sa propre féminité. Il n’y a pas de bonne ou mauvaise réaction, c’est déjà une bonne chose! Aujourd’hui, plus 380 000 femmes ont été touchées par un cancer du sein depuis 10 ans. C’est 380 000  façons d’appréhender sa féminité. On est pas couché!

Comment faire pour se réapproprier son corps, l’accepter et être en accord avec lui?  Je me rend compte que la lingerie post opératoire que j’ai créé, est une goutte d’eau,  « une goutte dans  l’océan des besoins, mais une goutte d’eau qui aurait manqué à l’océan si elle n’avait pas été là » aurait dit Mère Teresa. Non je ne regrette rien et je suis ravie de découvrir toutes les nouvelles initiatives pour aider les femmes.

Les femmes et les hommes ce sont organisés pour partager cette étape essentiel de leur vie. Et sont nées de nombreuses associations. L’une des première est évidemment la Ligue contre le cancer  1918! « Prévenir, dépister pour mieux guérir » est leur fil rouge. Mais aujourd’hui toutes proposent des solutions pour que les patients se rencontrent,  échangent avec des professionnels de l’émotionnel. Il en existe beaucoup et il reste encore de la place pour de nouvelles initiatives. Chacun trouvera un groupe où échanger son vécu, où laisser déborder et exprimer ce trop plein d’émotion.  L’essentiel est de dépasser la superficialité des échanges et de pouvoir s’exprimer à cœur ouvert. Essayons réellement de voir plus clair dans ce qui se passe dans notre tête et dans notre cœur. Nous avons besoin des autres pour avoir la clairvoyance de nos ressentis. Acceptons cette conversation intime, d’abord avec nous même. Peut-être est-il nécessaire de commencer par l’écriture, mais soyons sincère. Quand on partage ses ressentis en ouvrant son cœur, ce n’est pas se fragiliser, c’est au contraire créer un lien qui est perçu par l’autre comme une marque de confiance. Un contact authentique peut naître.  Notre quête d’identité ne passe que par l’autre. « Lorsque tu me vois tel que je suis, j’existe ». Nous nous reconnaissons. « je te vois avec sincérité et humilité » Namasté!

L’importance de nos paroles est réelle, pour nous définir, pour définir notre féminité. Les épreuves de la vie nous poussent à la redéfinition de nous-même. Ma question était de savoir si faire le deuil de notre féminité était une solution après l’atteinte de nos organes, attributs de notre féminité, seins, ovaires, utérus?  Faire le deuil de sa féminité, serait renier une partie de soi-même, serait oublier une partie essentielle de soi, serait faire le deuil de son identité.  Aujourd’hui, je n’ai pas la réponse, mais je sais que le processus passe par une prise de conscience qui se fait grâce à ce que l’on accepte de partager.  Le chemin est propre à chacune et certainement chaotique.

Le chemin est long mais c’est une belle promesse de légèreté à l’horizon.

Je vous invite à découvrir Clarisse Pinkola Estes qui a écrit en 1996 « Femmes qui courent avec les loups ». Elle a passé sa vie à décortiquer notre psyché pour nous inciter à nous libérer de ce que l’on a au plus profond de nous même, cette féminité sauvage, libre et indépendante. Elle nous propose de suivre le chemin pour découvrir son « soi » et accueillir son identité en la respectant.

Dans ma boite à info :

Pour faire simple et comprendre ce qu’est une émotion j’ai repris mes classiques « Fred et Jamy » un petit rappel de 30min pour que ce soit limpide dans notre système limbique .

 

 

 

Entre mère et fille

#WorldCancerDay

Hier était la journée internationale du cancer, une façon de parler et de se rappeler que cette maladie peu concerner des gens proches. Nous devons libérer la parole pour dédramatiser et savoir qu’il est possible de s’en sortir, que nous devons oser poser des questions. Mais surtout que nous devons accepter de nous faire dépister.

Alors j’ai décidé de partager avec vous un échange entre Maria, une femme touchée par un cancer du sein il y a 30 ans et sa fille Laurence.

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Laurence est une femme de 50 ans, Cheffe de service dans le secteur médico-social, son choix n’est certainement pas dû au hasard. A 16 ans elle perd son père, c’est un choc, sa mère n’a que 43 ans. Maria doit se battre pour panser sa peine et s’occuper de ses 2 filles.

Laurence :

« Ma mère est d’origine italienne,  c’était une femme très belle et très fière. La taille fine, une poitrine généreuse et des cheveux roux flamboyant. C’est quelqu’un de très courageux et de foncièrement honnête et altruiste. Elle ne supporte pas l’injustice et reste très soucieuse du bien-être d’autrui. Son parcours d’immigrée y est forcément pour quelque chose ! »

Voici leurs échanges autour de ce cancer très féminin qui les concerne tous, Laurence, sa sœur, ses nièces, son fils

L : Quand a t’on découvert ton cancer, raconte-moi comment ça s’est passé ?

 M : « mon kyste a été découvert en 1984, j’avais 45 ans, 2 ans après le décès de ton père,  il avait 44 ans. Il est d’une mort brutale. Encore aujourd’hui je me demande pourquoi il est parti si jeune.  1ère opération : on me le retire sans difficultés. Mais une récidive aura lieu 8 ans plus tard, en 1993 : j’ai été opérée à l’institut Marie Curie la même année. J’ai eu une ablation du sein droit, pour  éviter que les métastases se  propagent ailleurs. Tout s’est bien passé et cela  s’est parfaitement cicatrisé. Je n’ai  pas eu de chimio. Après  cette ablation, j’ai souffert au niveau du bras, je ne pouvais rien faire avec. J’ai dû faire de nombreuses  séances de Kiné pour récupérer la  mobilité de ce bras. Quelques mois après mon opération, on m’a conseillée de me refaire le sein. Je n’ai jamais ressenti le désir de faire une reconstruction mammaire.Peur de souffrir ? Mal informée ? je ne sais pas. C’est aussi en 1993 que j’ai rencontré  l’homme qui partage aujourd’hui ma vie, j’étais épanouie dans ma vie professionnelle et affective. »

L : Comment as-tu fait pour ta prothèse mammaire et ta lingerie?

M : « A cette époque en 93, je travaillais dans un club de sport . J’ai eu droit à une prothèse tous les ans tenue par un soutien gorge spécial. Personne ne se doutait que je n’avais plus qu’un sein. Je n’ai jamais voulu me refaire le sein car je n’ai pas vécu cette ablation comme une infirmité. Mais je suis extrêmement pudique et ne montre pas ma nudité comme ça. Je suis toujours allée à la pharmacie Bailly à Saint Lazare, par habitude. A l’époque, je ne connaissais pas de boutique spécialisée dans Les lingeries féminines.  Sinon, je pense que j’en aurai profité. Personnellement je n’ai pas été plus que ça perturbée par ce manque.       Ma prothèse et le soutien-gorge adaptés me convenaient d’autant plus que cela correspondait à mes moyens financiers. Il suffit d’avoir 2 ou 3 soutiens gorges en « rabe ». A l’époque j’aurais aimé avoir plus de choix dans ma lingerie, mais cela reste parfois beaucoup trop onéreux et quelle utilité  à mon  âge maintenant ?! ».

L : Comment en as-tu parlé au travail, à tes amis et avec le reste de la famille ?

M : « Je n’ai jamais voulu qu’on s’apitoie sur mon sort et n’en parlais jamais aux amis. J’ai toujours essayé de rassurer ma famille par rapport au cancer du sein et aux conséquences. J’avais un sein en moins et alors ? est-ce que cela se voit? non ! bon !. Je n’ai pris aucun médicament, j’avais droit à une visite annuelle à Curie. Au bout de 10 ans, mon professeur m’a dit qu’il ne voulait plus me voir, que j’étais guérie »

L : Qu’est ce qui t’as le plus agacé pendant toute cette période?

M :« J’ai été agacée de ne pas avoir été écoutée au moment où je souffrais du soit  disant Lymphœdème du bras. Pourquoi laisser les femmes souffrir après l’opération par de nombreuses séances de Kiné pour retrouver une mobilité de son bras alors qu’il pourrait être plus judicieux lors d’une anesthésie locale de séparer chirurgicalement ces petites chairs collées les unes aux autres…. Une amie très chère a eu plusieurs récidives du cancer du sein, et souffre le martyre avec son  Lymphœdème du bras »

L : Qu’est ce que tu aimerais dire aux femmes aujourd’hui et plus particulièrement à nous les femmes de ta lignée ?

M : « Je suis navrée que cela reste une obsession de ta sœur aînée qui appréhende,       angoissée avant chaque mammographie. Il suffirait de faire le test génétique ;  d’autant plus que nous sommes une famille à risque de cancer du sein. Ma mère est décédée à 99 ans avec un cancer de sein diagnostiqué à 97 ans. Il y a eu aussi la fille de mon cousin germain à qui on a fait l’ablation du sein à l’âge de 25 ans et qui est décédée à l’âge de 48 ans, d’une tumeur au cerveau. Je suis tentée par faire le test génétique car je sais qu’il y a un risque pour ma famille mais je ne sais pas si je pourrais en parler à mes petites filles, au vu de la crainte de leur mère à ce sujet. C’est pourquoi je pense me renseigner auprès de l’institut Curie.  Aujourd’hui mon conseil serait de dire aux jeunes femmes d’éviter de  fumer du tabac  et de boire de l’alcool modérément et s’alimenter sainement. Ce sont des facteurs pouvant favoriser certains risques de cancer »

Un dernier mot : «je n’ai jamais ressenti le moindre manque du côté de ma féminité. Je n’emploie jamais  le mot mutilation, on m’a libéré d’une tumeur, je m’en sors bien car je n’ai pas eu à subir de traitement de chimio. Le regard bienveillant et non compatissant des autres a été  important pour supporter cette épreuve. La famille aussi évidemment»

Merci à Maria et Laurence pour ce partage pudique, sincère et tellement humain. Merci d’avoir accepté de le partager avec d’autres femmes. Ce témoignage nous montre bien des choses. Tout d’abord qu’il est possible de surmonter cette épreuve mais aussi qu’il reste toujours des questions. 30 ans après, on retient avant tout la vie et tout le chemin que l’on a parcouru mais quelque soit l’âge, le moment de la vie, le partage et l’échange est primordial.

Nous reviendrons dans les prochains articles avec des réponses et des informations sur les différents sujets, lymphoedème, test génétique,…

 

#amourfiliale #famille #femmes

CHEVALIERES DES TEMPS MODERNES

La semaine dernière j’ai rencontré Val. Val est une femme pétillante, souriante, des yeux lumineux derrières des lunettes. Elle se bat contre un cancer du sein, bec et ongle, parce qu’elle trouve la vie belle avec son mari et ses 2 garçons. Oui mais voilà, elle me dit que les gens l’agacent. Si elle est si joviale et si belle c’est qu’elle n’est pas vraiment malade! un petit village où tout le monde se connait et se reconnait. Que doit-elle faire pour qu’on la prenne au sérieux ou tout simplement qu’on la respecte?

Je me sens bien démunie face à cette demande parce que j’ai envie de lui dire « mais les autres, aucune importance! Si tu es entourée de ta famille, qui t’aime et qui est trop contente que tu sois là pleine de vie comme tu es,  « exit » les autres » . J’ai envie de lui dire que l’on ne peut pas changer les autres, enfin pas vraiment comme ça. On doit commencer par changer notre regard sur eux et après, si ils ont un cerveau et un cœur, ils finiront par te regarder autrement, avec respect et bienveillance. Parce que l’apitoiement à la sauce guimauve, c’est à vomir, on en veut pas. Alors j’ai réfléchi. Comment se détacher des paroles des autres? Comment aller sur la voie de la liberté personnelle? Comment se positionner? Cruel équilibre entre le besoin d’exister entourer des autres et le besoin d’exister en accord avec son ADN.

Cela m’a fait repenser à Don Miguel Ruiz quand il écrit :  « L’attention est la capacité d’être sélectif et de se concentrer exclusivement sur ce que l’on veut percevoir« . Mais oui, son livre sur les 4 accords Toltèques. Un état des lieux de notre mode de pensée en fonction de ce que l’on nous a enseigné. Vous savez? on veut faire plaisir aux autres, être ce que les autres attendent de nous pour ne pas être rejeté, etc. Mais notre liberté dans tout ça? Que dit le grand « Livre des Loi »? Pendant la croisade de la maladie certains prennent conscience des poisons émotionnels des autres. Don Miguel nous amène à comprendre nos peurs et comprendre nos réticences à être nous même. J’ai bien parlé de soi et non des autres…. nous ne pouvons pas changer les autres mais nous avons le pouvoir de changer notre regard sur eux. Je m’explique.

Votre voisine vous croise ce matin avec l’œil noir, la ride du Lion incrustée, un regard dur et fermé vous torpille. Ne pensez plus : « mais qu’est ce que je lui ai fait, ma tête ne lui plait pas, elle n’en veut pour notre dernière discussion chez la boulangère? C’est sur, elle a pas avalé le fait que je refuse son invitation la semaine dernière pour son café. Je ne supporte plus l’odeur du café, elle devrait le comprendre quand même. Elle a même pas d’empathie, franchement je lui parle plus ». Au final, figurez-vous qu’elle a un corps au pied qui lui fait souffrir le martyr et le petit dernier n’est pas arrivé assez vite au toilette à 5h du matin. Elle a commencé sa journée par 2 heures de ménage/lavage/consolage. Elle est au mieux de sa forme! Tout ca pour vous dire que si on se laisse baigner dans les suppositions et qu’on en fait une affaire personnelle, on n’est pas sorti de l’auberge et pas prête à arrêter de se faire de la bile. Entre nous c’est cancérigène! Il est donc utile, pour notre bien être personnel, notre liberté personnelle de devenir des « guerriers pacifiques ». Juste dire bonjour et éventuellement lui demander si tout va bien est un bon début, vous serez étonnée parfois de ce qui peut coincer ou décoincer une ride du Lion.

Alors voilà un long et dur apprentissage pour se libérer des autres, surtout ceux qui ne nous apportent pas de bonnes ondes. Je ne peux que vous conseiller de lire ce livre pour vous libérer, parce que je sais bien que Val n’est pas seule et que nous avons été, ou nous sommes encore bien imprégnées de ces réflexes. Quelqu’un ne vous comprend pas? et bien tant pis, soyez fidèle avec vous même, avec vos valeurs, et sans affront, l’opposition s’estompera. N’oubliez jamais, l’essentiel c’est d’être en accord avec vous même et tant pis si ce n’est pas avec tous les autres. Vous êtes jolie? et bien tant mieux! Vous n’êtes pas fatiguée? et bien c’est que vous gérez super bien vos heures de sieste! Votre voisine ne voit pas votre souffrance à la hauteur de ce qu’elle est? c’est que vous rayonnez et que votre image est positive! Elle finira par vouloir vous ressembler.

Un résumé des accords Toltèques  :

  • impeccable ta parole sera
  • d’une affaire personnelle tu ne feras
  • des suppositions tu ne feras
  • toujours de ton mieux tu feras

Références :

les accords expliqués aux enfants en 4 min!

Olivier Clerc  a expliqué chaque accord avec une logique scientifique. Découvrez-le en video : Introduction  /    1er accord    /    2ème accord     /     3ème accord   /  4ème accord

#QuelaForceSoitEnVous

 

 

 

ET LES HOMMES DANS TOUT CA?

Depuis cet été, la belle Shannen Doherty nous livre son combat contre son cancer du sein, et nous sommes sensibles à cet aveu. Oui mais pourquoi? Qu’est ce qui nous titille les émotions, qui nous tourneboule nos chakras, nous secoue les neurones limbiques et nous donne envie de la prendre dans nos bras? Et bien, Shannen, permettez que je vous appelle par votre prénom, nous nous sentons proche de vous car nous avons traversé cette épreuve avec plus ou moins de brio et aussi parce qu’on a un peu beaucoup regardé « la petite maison dans la prairie ». Est ce que vous pouvez sentir cet énorme RéseauMagneticoSpaciauTemporel autour de vous? Toutes ces ondes bienveillantes qui sont là pour vous dire « DON’T GIVE UP ». Il y en a même qui en ont fait des T-shirt, des bracelets… Nous vous soutenons. Oui vous avez le droit de flancher. Non, ce n’est pas rien même si ça se guérit bien. Oui cette épreuve nous donne du courage et une force insoupçonnée. Et les hommes* dans tout ça? quelle place ont-ils? Alors je voulais remercier  @kurtiswarienko pour nous avoir fait partager ces photos intimistes. Pour nous rappeler que c’est une dose de baume rose au quotidien quand on peut le traverser à deux! mais aussi merci à Celui ou celle qui  accompagne, Celle au celui qui vous voit dans tout vos états et qui fait de son mieux pour être à vos côtés parfois simplement en tenant la main. Merci à tous les « kurt » qui ont photographié ces femmes, pour montrer leur fierté de les voir se battre. Mais aussi à tout ces petits gestes du quotidien qui réchauffent et rassurent les femmes. Messieurs, Mesdames, merci pour être là. Et tant pis pour ceux qui s’en vont….

Références et source d’inspiration : @DohertyShannen, copyright @kurtiswarienko

Souvenez vous en 2013 « Bob, un homme en tutu rose » Bob a décidé de faire des photos pour faire rire sa femme. Il décide de traverser le monde et se met en scène en tutu rose. Des photos qu’elle a montré durant ses phases de traitement à d’autres femmes atteintes de la même maladie et qui ont fait rire tout le monde.Un projet est né. http://thetutuproject.com/
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*Note spéciale : Pour une lecture plus simple, je l’avoue, de cet article ou plus consensuelle, j’ai pris le parti de parler des hommes qui accompagnent les femmes mais c’est au conjoint ou conjointe que je m’adresse à travers ce mot. A celui ou celle qui partage l’intimité de chacune des femmes concernées.