Crabvador et compagnie

C’est en tombant sur la super initiative « le salon deskfighteuses » que j’ai découvert Séverine. Son peps m’a plu. Toute cette énergie pour dire « f…k » au cancer ça m’a plu. Et puis je suis allée rencontrer Dominique Cordier de l’ERI du Centre de Léon Berard de Lyon qui a fini de me convaincre que je devais en savoir plus sur cette femme. Alors je lui ai proposé de parler d’elle et de ses nombreuses actions. Comment de ce foutu cancer du sein elle en a fait une force et comment cela lui a permis de se découvrir encore plus. Au final une aventure avec de belles rencontres ….et une nouvelle vie et un sourire qui en dit long!

Séverine, pourrais-tu te présenter en qqes lignes ?

Séverine, 41 ans (oulàlà déjà), je suis maman de 2 ados et belle mère de 2 autres. Et oui, la joie des familles recomposées!

Je travaillais comme assistante sociale en milieu psychiatrique jusqu’en octobre 2016, date à laquelle on a mis le mot cancer sur la vilaine boule que j’ai sentie dans mon sein gauche.

Qu’est ce que cela à changer dans ta vie ? ou Quel est devenu ton regard sur la vie

Ce qui a changé, c’est qu’on prend conscience brutalement qu’on est mortel, oui bien sûr, on le savait déjà avant, mais là, c’est une piqûre de rappel assez violente.  Du coup, on voit un peu la vie différemment, on arrête de remettre au lendemain et on profite à 200% du jour présent.

Puis, pendant la phase de traitement, le changement continue. D’abord, physiquement, quand tu te retrouves sans cheveux, sans cils, sans sourcils, un sein en moins… Il faut apprendre à réaprivoiser son corps, à affronter le regard des autres, à s’accepter comme on est et à rester femme malgré tout. La maladie m’a davantage donné confiance en moi, elle m’a appris à me redécouvrir, je me mets beaucoup moins de barrières, et j’ose « oser ».

Qu’est ce que tu te dis tous les matins ?

Que j’ai de la chance d’être là et que ça va être une belle journée.

D’où vient cette idée de cette activité ?

L’écriture a été mon exutoire pendant les traitements. J’ai ouvert un journal où je posais mes maux. Ça m’a beaucoup aidé, j’avais l’impression de ne pas être qu’une victime passive de cette saloperie, de garder une part de contrôle.

Avec l’aide des enfants, j’ai très vite donné un nom à  la tumeur, je voulais quelque chose d’humoristique, de décalé. C’était le moment de la sortie d’un épisode de star wars, alors c’est devenu Crabevador !

Qu’est ce qui t’as décidé à sauter de l’idée à l’action ?

Au départ, ce journal était pour moi, très vite, j’ai eu envie de le partager pour aider d’autres femmes à surmonter l’épreuve du k (ça doit être mon côté assistante sociale). Au fil des semaines, des mois, au gré des discussions, il m’a semblé aussi une nécessité de le partager pour sensibiliser et informer, car le K du sein est bien trop souvent banalisé.

A la fin de mes traitements, j’ai sauté le pas pour que mon journal de bord puisse être publié. J’ai tout fait seule, du 100% « made in Sev ». « Mon nibard VS Crabevador » est en vente sur Amazon depuis décembre 2017. A ce jour, environ 200 exemplaires ont été vendus, j’ai de très bons retours et j’en suis ravie. La majorité de mes lectrices sont des femmes touchées par le K, mais aussi des proches et certains soignants.

« 100% made in Sev »

livresev

Ce qu’on me dit le plus souvent : « merci de dire tout haut, ce que l’on n’ose pas dire », « je me retrouve dans ton parcours », « merci, ça m’aide à avancer »…

L’idée de l’association est venue plus tard, elle a émergé le jour de ma mastectomie, en remontant du bloc opératoire. Si, si, j’te jure. Je venais de me faire enlever le sein, non pas à cause de la tumeur puisque la chimio l’avait complètement déglingué, mais parcqu’il y avait trop de risque de récidive à cause de microcalcifications. Je me suis dit qu’un jour un traitement existerait peut-être aussi pour éliminer les microcalcifications et que les femmes n’auraient plus à subir cette mutilation.

J’ai regardé mon conjoint et ma mère, présent dans la chambre et je leur ai dit :« on va créer une association et on reversera les bénéfices pour la recherche médicale »

Dégom’crab est né en octobre à la fin de mes traitements de radiothérapie.

logo

Quel est ton objectif ?

L’objectif de Dégom’crab est double :

sensibiliser et « bousculer » les idées reçues sur la maladie. Il y a encore trop de tabous autour du cancer. En 2018, on ne devrait pas se sentir mal à l’aise ou se cacher d’être ou d’avoir été malade.

Ce n’est pas un choix, c’est une expérience de vie difficile qui mérite d’être valorisée et non pointé du doigt comme quelque chose de négatif. C’est pour cela que j’ai organisé le 1er salon es k fighteuses à Lyon en avril.

-contribuer à la recherche contre le cancer en reversant nos bénéfices au centre Léon Berard

Qu’est que tu voudrais dire aux médecins et aux acteurs médicaux qui accompagnent les femmes touchées par le cancer du sein?

MERCI pour votre gentillesse et votre disponibilité.

 Qu’est ce qui t’agaces?

Certaines phrase stypes que je ne supporte plus type :

« ho c’est rien un cancer du sein ça se soigne bien », « c’est pas grave, les cheveux ça repoussent » ou le « c’est fini maintenant, tu devrais tourner la page ».

  Qu’est ce que tu admires chez les femmes ?

Ce n’est pas de l’admiration, mais plutôt une très belle découverte, c’est la solidarité qui existe entre « sœurs de combat ». J’échange avec de nombreuses femmes via les réseaux sociaux et je trouve qu’il y a un bel élan d’entraide et de soutien. Plusieurs sont devenues des amies. Pendant mes soins et encore maintenant, c’est auprès d’autres « roses » que je trouve le plus de soutien. 

Que voudrais-tu leur dire ?

MERCI les filles. Au plaisir de vous voir ou de vous revoir.

Et Bravo, vous êtes toutes formidables.

Tu voudrais partager quelques choses en particulier, mettre une photo, poussez un « coup de gueule » ?

Oulà c’est dangereux ta question, je pourrais t’écrire des pages entières !

Ce que j’aimerais dire, c’est que le cancer du sein « ça ne se soigne pas si bien », des femmes en meurent encore régulièrement, d’autres vivent avec des métastases et des traitements à vie, alors arrêtons de banaliser.

Dédramatiser oui, mais banaliser non !

Et la prévention ce n’est pas seulement pour « octobre rose ». Je sais bien que « médiatiquement », c’est une bonne opportunité de se faire de la « com », mais la prévention c’est toute l’année.

 

HA oui, je vais quand même te parler de ma page Facebook et instagram je l’ai ouvert en avril 2017, j’y raconte mon parcours avec une touche d’humour, tu y trouveras des photos, des textes, des vidéos.

Pour compléter cette page, j’ai ouvert depuis peu un blog : http://www.lecoindeskfighteuses.com 

L’objectif est de regrouper un max d’infos utiles et toujours de manière un peu humoristique, pour aider les personnes à affronter l’épreuve de la maladie.

Dégom’crab a aussi une page FB et insta, probablement bientôt un site internet.

Il y a aussi un groupe spécifique « le salon deskfighteuses » on l’on cause du 1er salon et ou je vais bientôt mettre les membres à contribution pour la préparation du second 

Pour trouver mon livre, c’est juste ici : https://www.amazon.fr/dp/197330001X

Et je vais terminer en te remerciant de t’intéresser à moi et à mes actions.

 

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Une réflexion sur “Crabvador et compagnie

  1. Laurence Chanclud dit :

    Une femme qui n est pas du côté obscur de la force ! Bien au contraire ! Quelle force de vie, de partage, de solidarité…beau temoignage.
    Merci Corinne. 😍

    J'aime

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