Arsenic et vielles dentelles

Le week-end dernier, j’ai arpenté les allées du Salon de la lingerie à Paris, toutes les nouveautés et les intemporelles pour les femmes. Un temple dédié aux femmes. Simone Pérèle disait en 1948 « Pour révéler leur beauté, commençons par libérer le corps ». A cette époque le corps était enserré, modelé, malmené. Qu’en est-t’il aujourd’hui? En déambulant entre les allées je me rend compte que la sensualité est là, au rdv. Mes yeux sont attirés par la sensualité de qualité et non de quantité qui donne un brin de vulgarité. Il n’est pas question de savoir d’où l’on vient dans le stylisme de la lingerie, mais plutôt vers quelle lingerie nous allons ou quelle lingerie nous voulons. Il semblerait que les femmes recherchent du confort avant tout. Elles n’ont pas envie  toute la journée, d’avoir des armatures qui les blessent, elles ont envie de respirer, de bouger, de porter toutes les tenues adaptées à leur quotidien, que leur culotte ne soit pas un élément de torture sous leur pantalon. Oui, nous voulons oublier notre lingerie mais attention, confortable oui, moche non!

Ce salon professionnel, est un nid d’idées qui se succèdent dans toutes ces marques qui, tout en gardant leur identité, rivalisent de créativité. La concurrence est rude, mais aujourd’hui, les matières permettent de faire de la belle lingerie confortable. Les jeunes créateurs sont toujours là avec de nouvelles idées, pour répondre à des besoins spécifiques. Parce que c’est bien connu; nous sommes tellement différentes, physiquement bien sûr, mais nos idées de la lingerie et de ce que nous voulons, nos goûts, aussi. Alors malgré toutes ces innovations, ces créativités, ces originalités, nous cherchons toujours quelque chose de nouveau.

Ce qui est essentiel  pour moi, c’est d’oublier ce que l’on porte au cours de sa journée mais d’être heureuse et fière de ce que l’on a choisi de mettre le matin. Juste pour soi. Avoir une satisfaction personnelle et intime de son reflet. Ma grand-mère me disait avec le ton de « ceux qui savent »! , « Ma petite fille, il faut mettre tous les jours des sous-vêtements propres (évidemment), assortis et en bon état au cas où il t’arrive quelque chose, on ne sait jamais » et tout ça avec le doigt tendu vers le ciel. Sous-entendu, si tu as besoin des pompiers, qu’ils ne tournent pas de l’œil en te déshabillant, si c’est nécessaire… Bon, je veux bien faire un effort pour les pompiers mais je vais quand même le faire pour moi avant tout, car voies-tu mamie,  je dois l’avouer je n’ai pas eu encore besoin d’eux en urgence….

Ce que je recherche c’est avoir la satisfaction du juste choix et le sentiment d’avoir été comprise et mes besoins entendus. Ce n’est pas si facile, mais quelle satisfaction lorsque que l’on est fière de porter de la lingerie qui nous plait. Il est important que l’acte d’achat de lingerie soit  un plaisir personnel, pour satisfaire sa propre image de soi et son intimité.

Il ne s’agit pas d’embellir mais de ce sentir belle.

Alors après avoir subi une opération mammaire, imaginez bien que les choses se compliquent. Il faut faire le deuil de sa féminité. Justement pourquoi aller jusqu’à faire le deuil de sa lingerie? J’ai voulu apporter ma modeste contribution à cette problématique, en créant neoSensuelle, mais je sais qu’il reste encore beaucoup à faire. J’écoute le commentaire des femmes, le retour des clientes, des magasins, et je travaille sur les prochains modèles…

J’ai une pensée toute particulière pour Benoite Groult qui nous a quittée l’année dernière et qui écrivait dans son livre « La touche étoile »

« Choisir de la lingerie est plus déprimant encore quand on n’a plus d’intérêt à ouvrir sa veste en tweed sur un sein nu ou à exhiber son nombril (…) Sois moche et tais-toi : il est temps de prendre le deuil de toi-même. Quel créneau pourtant, toutes ces « ménagères de plus de cinquante ans » et toutes ces chères folles de soixante dix ans qui font du sport et l’amour aussi et qui ont enfin le temps de penser à elle. Les concepteurs de sous-vêtements féminins sont nuls ! »

Alors pour Benoite et toutes les autres, en avant créativité!

Dans ces moments de trouble et de remise en cause de la féminité, prendre plaisir à se faire plaisir en choisissant sa lingerie est devenu un acte militant!

Mesdames, Militez!

#lesalondesdames #lingeriaddict #neosensuelle

 

 

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2 réflexions sur “Arsenic et vielles dentelles

  1. Elisabeth Lavinet dit :

    On s’est croisé depuis et tu n’avais pas encore vu Marc Lavoine!!,Cà te réussi de faire la sieste!

    Super ton article ,et drôle surtout quand tu évoques » Mémé. »

    Bonne soirée .

    Elisabeth

    ________________________________

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